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1 janvier férié 2026 Quel impact pour le salarié et l'employeur

1 janvier férié 2026 Quel impact pour le salarié et l'employeur

Le 1 janvier férié est l'un des rares jours chômés reconnus par l'ensemble des conventions collectives françaises, sans exception. Chaque année, il soulève les mêmes interrogations côté salarié comme côté employeur : qui doit travailler, qui est payé, et selon quelles règles ? En 2026, la question prend une tournure particulière : le 1er janvier tombe un samedi. Ce détail calendaire, en apparence anodin, génère des conséquences juridiques et pratiques que beaucoup ignorent. Entre maintien de salaire, majorations éventuelles et gestion des plannings, les règles applicables méritent d'être posées clairement. Seul un professionnel du droit ou un expert en droit social pourra vous conseiller sur votre situation précise, mais voici ce que dit le cadre légal.

Ce que la loi prévoit pour le 1er janvier férié

En France, les jours fériés légaux sont au nombre de onze, définis par l'article L.3133-1 du Code du travail. Parmi eux, le 1er janvier occupe une position particulière : c'est l'un des rares jours qualifiés de « fériés chômés » par défaut pour la quasi-totalité des salariés du secteur privé. Le Ministère du Travail précise que l'employeur ne peut pas imposer le travail ce jour-là, sauf dérogation prévue par accord de branche ou convention collective.

La règle générale est simple : un salarié qui ne travaille pas le 1er janvier ne subit aucune perte de rémunération. C'est ce que l'on appelle le principe de maintien du salaire. Il s'applique aux salariés ayant au moins trois mois d'ancienneté dans l'entreprise, à condition d'avoir travaillé le dernier jour ouvrable précédant le jour férié et le premier jour ouvrable suivant — sauf absence autorisée.

La loi du 13 juillet 1983, les dispositions du Code du travail et les textes publiés sur Légifrance encadrent strictement ces obligations. Aucun accord d'entreprise ne peut prévoir un niveau de protection inférieur à ce plancher légal. Les accords de branche peuvent, en revanche, aller au-delà et prévoir des majorations ou des jours de récupération supplémentaires.

En 2026, la France comptera 8 jours fériés tombant un jour ouvré (hors week-end), selon le calendrier officiel. Le 1er janvier tombant un samedi, il entre dans une catégorie spécifique qui mérite une attention particulière, tant pour les salariés travaillant habituellement le samedi que pour ceux dont le contrat exclut ce jour de la semaine de travail.

Droits des salariés : ce qui change quand le 1er janvier tombe un samedi

Quand un jour férié coïncide avec un samedi, la situation varie selon l'organisation du temps de travail du salarié. Pour un salarié dont le contrat prévoit une semaine du lundi au vendredi, le 1er janvier 2026 ne représente aucune perte de jour de repos ni de rémunération : il ne travaille pas ce jour-là de toute façon. La question du report ne se pose pas automatiquement.

Pour un salarié travaillant habituellement le samedi, la situation est différente. Voici les points à retenir :

  • Le salarié bénéficie du maintien intégral de sa rémunération pour ce jour, même s'il ne travaille pas.
  • Si l'employeur demande à ce salarié de travailler le 1er janvier, une majoration de salaire peut s'appliquer selon la convention collective applicable.
  • Certaines conventions prévoient un repos compensateur en lieu et place d'une majoration financière.
  • En l'absence de disposition conventionnelle spécifique, le Code du travail s'applique dans sa version minimale : pas de majoration légale obligatoire pour le travail un jour férié, sauf pour le 1er mai.
  • Le salarié peut refuser de travailler un jour férié chômé sans que cela constitue une faute, sauf dans les secteurs où le travail continu est autorisé (hôtellerie, santé, sécurité, etc.).

La rémunération à 100 % du salaire habituel est garantie pour tout jour férié non travaillé, conformément aux dispositions légales. Aucun employeur ne peut déduire ce jour du bulletin de paie d'un salarié éligible. L'URSSAF veille au respect de ces obligations lors de ses contrôles.

Un point souvent méconnu : les salariés à temps partiel bénéficient des mêmes droits, au prorata de leur temps de travail. Si le samedi n'est pas inclus dans leur planning habituel, le jour férié du 1er janvier 2026 n'ouvre pas de droit à compensation spécifique. La jurisprudence de la Cour de cassation est constante sur ce point.

Obligations des employeurs : gestion pratique et risques juridiques

Pour les employeurs, le 1er janvier 2026 tombant un samedi génère des questions de gestion RH concrètes. La première concerne les salariés dont le planning inclut le samedi : l'entreprise doit-elle fermer, maintenir l'activité ou prévoir un système de roulement ? La réponse dépend du secteur d'activité et des accords applicables.

Dans les secteurs à activité continue — hôtellerie-restauration, santé, transports, grande distribution — le travail le 1er janvier est courant et encadré par des dispositions spécifiques. Les employeurs de ces secteurs doivent impérativement vérifier leur convention collective de branche pour connaître les majorations obligatoires. Certaines conventions prévoient une majoration de 50 %, d'autres de 100 % pour le travail un jour férié légal.

L'employeur qui omet de verser les majorations prévues par la convention collective s'expose à un redressement URSSAF et à des actions prud'homales. Les syndicats de travailleurs peuvent également saisir l'inspection du travail en cas de non-respect des droits des salariés. Le risque financier pour l'entreprise est réel, notamment en cas de contrôle portant sur plusieurs années.

Sur le plan pratique, les employeurs doivent anticiper plusieurs points. La paie du mois de janvier 2026 doit refléter correctement le traitement du jour férié. Si des heures supplémentaires ont été effectuées ce jour, leur calcul doit intégrer la majoration pour jour férié et, le cas échéant, celle pour heures supplémentaires. Ces deux majorations ne se cumulent pas toujours : là encore, la convention collective fait foi.

Les entreprises qui n'ont pas de convention collective applicable relèvent des dispositions supplétives du Code du travail. Dans ce cadre, seul le 1er mai ouvre un droit légal à majoration de 100 % en cas de travail. Pour le 1er janvier, aucune majoration légale n'est prévue au-delà du maintien de salaire — ce qui ne signifie pas que l'employeur est dispensé de toute obligation, mais que le niveau de protection minimal est plus bas.

Ce que les évolutions récentes du droit du travail changent concrètement

Le droit des jours fériés n'est pas figé. Les ordonnances Macron de 2017 ont profondément modifié la hiérarchie des normes en droit du travail, en donnant une place accrue aux accords d'entreprise. Depuis cette réforme, certaines règles relatives aux jours fériés peuvent être négociées au niveau de l'entreprise, sans passer par la branche. Cette souplesse accrue peut jouer en faveur des salariés comme des employeurs, selon la configuration des négociations.

Les accords de performance collective, introduits par ces mêmes ordonnances, permettent à certaines entreprises d'aménager les conditions de travail lors des jours fériés, y compris le 1er janvier. Ces accords doivent être signés par des syndicats représentatifs et ne peuvent pas déroger aux garanties d'ordre public absolu, comme le maintien de salaire.

La jurisprudence récente de la Cour de cassation a précisé plusieurs points litigieux. Elle a notamment confirmé que le report d'un jour férié tombant un week-end n'est pas automatique et dépend des stipulations conventionnelles. Pour le 1er janvier 2026, les salariés dont le samedi est un jour de repos habituel n'ont donc pas de droit automatique à un jour de congé supplémentaire — sauf si leur convention collective le prévoit expressément.

Face à ces subtilités, la consultation des textes officiels sur Service-Public.fr et Légifrance reste le réflexe à adopter. Les représentants du personnel et les délégués syndicaux jouent un rôle de relais entre les salariés et la direction pour clarifier ces situations. En cas de doute sur l'application d'une convention collective à votre situation, seul un avocat spécialisé en droit social ou un conseiller juridique habilité peut vous apporter une réponse fiable et personnalisée.

La rédaction

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